04 novembre 2009
La science-fiction à l'usage de ceux qui ne l'aiment pas - C. Grenier
Geishanellie organise un challenge consacré à la science-fiction
vous proposant de découvrir le genre pour le défi SF simple,
ou d'approfondir le voyage avec les sous-genres pour le défi Crazy SF
- Pour tout savoir et s'inscrire c'est ICI -
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Pour l'occasion, j'en profite pour recommander aux hésitants, aux néophytes ainsi qu'aux amateurs, l'ouvrage de Christian Grenier intitulé : La SF à l'usage de ceux qui ne l'aiment pas.
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Souvent rejetée par les adultes, la science-fiction est plébiscitée par les ados. Christian Grenier part de ce constat pour dresser un état des lieux de ce genre, qui interpelle autant qu'il dérange. Pourquoi cette passion chez les jeunes ? Quelles sont les caractéristiques de la SF ? Quelles projections du futur, et donc de notre société, nous propose-t-elle ? Dans sa forme comme dans son contenu, dans ses thèmes comme dans sa lecture du monde et du futur, l'auteur nous fait découvrir ce genre méconnu. Entre merveilleux et fantastique, entre utopie et uchronie, il définit, explicite, nomme et recense. Panorama complet de la SF contemporaine jeunesse, ce livre nous parle de science et de fiction, d'engagement et de passion.
- Editions du Sorbier -
- Collection La littérature jeunesse, pour qui, pour quoi ? -
Ce livre n'est pas une étude universitaire, c'est un ouvrage de vulgarisation sérieux et très agréable à lire, un guide pédagogique aussi . Aéré, synthétique, il reprend point par point sur une centaine de page les définitions du genre, des sous-genres, les grands thèmes, un historique et un plaidoyer sur les qualités de cette SF négligée à tort. L'étude est particulièrement riche en références bibliographiques. Je préfère prévenir tout de même que s'y rencontre autant de littérature pour la jeunesse que de lecture pour " leurs aînés " ( parce qu'on ne changera plus Emmyne :).
Je rappelle que Christian Grenier est un spécialiste, un passionné et que je l'aime :
sur ce blog : La danse des Maudits - La Musicienne de l'aube - Je suis un auteur jeunesse - Toi, Lumière de ma nuit -
- Le site de Chritian Grenier -
Et pour n'avoir que l'embarras du choix et lire des chroniques averties sur les parutions SF, une visite des Imaginaires de SBM s'impose.
*** Bonne lecture ***
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21 mai 2009
Des livres d'enfants à la littérature jeunesse - Christian Poslaniec
Talentueuse et imaginative, portée par des médiateurs enthousiastes, reconnue par l'école et l'université, séduisant des publics toujours plus larges, la littérature de jeunesse est aujourd'hui une littérature majeure. Son histoire remonte au milieu du XIXe siècle, lorsque l'alphabétisation massive et le développement des techniques d'impression permirent son émergence. Deux libraires-éditeurs, Louis Hachette et Pierre-Jules Hetzel, réinventent un genre, encore très dépendant de l'école et de la religion, et publient des romans pour les enfants signés par la comtesse de Ségur ou Jules Verne. La littérature de jeunesse était née et avec elle l'enfant-lecteur. Christian Poslaniec nous guide dans cette histoire touffue qu'il parsème de petits cailloux blancs: Babar, les Albums du Père Castor, Le club des 5, Les Contes du chat perché, Harry Potter...
- Découvertes Gallimard -
J'ai bien trop tardé à vous présenter cet ouvrage que je me suis offert lors du Salon de Montreuil. Je ne pouvais pas passer à côté, d'autant que j'apprécie la collection autant pour son esprit synthétique que pour la richesse et la pertinence de son iconographie qui ne fait pas défaut avec ce titre.
Comme souvent les Découvertes Gallimard, celui-ci est paru lié à une actualité. Il fut réalisé en partenariat avec la BNF à l'occasion de l'exposition Babar, Harry Potter et Cie, livres d'enfants d'hier et d'aujourd'hui qui a eu lieu d'octobre 2008 à avril 2009. Son auteur est chercheur et pédagogue, spécialiste du sujet.
La démarche de cet ouvrage est chronologique, présentant l'évolution de la littérature jeunesse, ses origines, son émergence, sa reconnaissance, analysant les évènements sociaux et politiques, économiques aussi, qui ont permis son développement.
Cet historique est celui des auteurs, de Perrault et Jules Vernes à Dahl et Ponti ( qui illustre la couverture ), en passant par l'incontournable E.Blyton et commençant par le Télémaque de Fénelon; mais c'est surtout celui de l'édition jeunesse, ce qui rend ce documentaire si passionnant, ancré dans la réalité de la société française; l'éditeur comme témoin et miroir de son époque. L'auteur souligne l'importance des lois sur l'enseignement, les changements de mentalités quant à l'éducation des enfants, le rôle des prix de fin d'année - distribution de livres - et des ouvrages scolaires.
Cette démarche de l'auteur met en évidence les enjeux de la littérature jeunesse, ses fondateurs, leurs réflexions, leurs choix fondamentaux et précurseurs qui permirent réellement l'essor d'une littérature POUR la jeunesse, impliquant par là même de reconnaître l'enfant comme tel.
On cite souvent l'éditeur Herzel. Pour ma part, j'ai découvert à cette lecture le rôle de Paul Faucher, créateur en 1931 de la collection des albums du Père Castor, aux éditions Flammarion, qui ouvrit la voie à l'album, et donc aux auteurs et illustrateurs, à " une littérature infantine fondée sur les besoins de l'enfant " - selon sa formule - hors didactisme et pédagogie. C'est aussi à lui que l'on doit la place de l'illustration dans les albums : " Il fallait encore que l'image exerce au maximum ses pouvoirs d'attraction et de séduction, qu'elle soutienne, éclaire, explique, prolonge le récit, parle directement à l'intelligence et à la sensibilité, qu'elle soit belle et sincère...Je n'ai pas voulu de livres-entonnoirs, j'ai rêvé d'albums-étincelles."
Ainsi, Christian Poslaniec s'intéresse alors, dans cette seconde partie de l'essai, à l'apparition des héros classiques, au développement de l'image dans les livres pour enfants, à son importance et à sa fonction, au début de l'anthropomorphisme dans les albums, ses implications, au phénomène des séries, en un mot à l'avénement de la littérature jeunesse jusqu'au dynamisme de la production contemporaine, son renouveau constant et sa créativité, son statut enfin reconnu de littérature à part entière, légitimé par son succès, sa qualité et ses prix littéraires...
Je termine cette chronique par la minute culture-nostalgie :
Saviez-vous que Caroline Quine, nom de l'auteur des romans des séries Alice et Les soeurs Parker ( Bibliothèque Verte ) était en réalité le pseudonyme d'un collectif d'écrivains américains ????
- Le billet de Saxaoul, ravie de la découverte -
28 mars 2009
Ces livres qui font grandir les enfants - Joëlle Turin
Les enfants ont-ils besoin des livres pour grandir ? Oui, mais pas de n'importe lesquels ! Quand les albums n'infantilisent pas les petits lecteurs, respectent leur rapport au monde, ne les enferment pas dans un " prêt-à-penser " mais au contraire donnent des clefs pour ouvrir toutes grandes les portes de leur imagination, alors la lecture devient une expérience unique qui contribue au développement de la pensée et de la sensibilité. A travers cinq domaines évocateurs de la vie de l'enfant : ses jeux, ses peurs, ses grandes questions, ses relations avec les autres et le monde de ses sentiments, cet essai explore une centaine d'albums remarquables dans lesquels cette heureuse alchimie opère.
- Didier Jeunesse -
Troisième titre de l'excellente collection Passeurs d'histoires, ce livre est un indispensable.
L'étude de Joëlle Turin sur les livres jeunesse est passionnante. A travers cent albums, elle présente ce que devrait être la littérature pour les enfants, un espace de pensée, de rêve, de sentiments, un monde qui raconte le monde, créatif et ouvert, un monde de sens, qui fait sens, sans didactisme ni complaisance, attentif à son jeune public, à sa curiosité, à sa fragilité aussi, à son imaginaire autant qu'à son intelligence.
J'ai tellement retrouvé, dans la réflexion de Joëlle Turin, ma conception de la littérature jeunesse, ce qui en fait la qualité que je reconnais que je ne suis pas objective dans cette chronique, d'autant que j'ai beaucoup de respect pour l'activité et les travaux de cette critique et formatrice spécialisée, maintenant directrice de l'Institut Charles Perrault, et autant d'admiration pour ces auteurs qui créent des livres pour nos petits non-lecteurs.
Dans cet essai, elle analyse donc cent albums, s'intéressant autant à l'image qu'au texte, à leur relation, leur rôle équivalents et pourtant différents, deux langages maintenant et enfin complices, et non plus le premier au service du second. Ce qui donne un essai très illustré, les propos s'appuyant sur des extraits, des pages des livres cités.
La sélection se présente sous cinq axes pertinents quant à l'enfance ( cités dans le résumé ), eux-mêmes divisés en chapitre affinant le sujet et renvoyant à deux ou trois albums ( par exemple, pour le domaine du sentiment, Joëlle Turin distingue la colère, la jalousie, l'amour, la solitude...). L'approche est concrète, directement appuyé sur la façon dont le livre traite le thème, de l'explicite à l'implicite ( ce qui est pour moi une condition de son intérêt pour les plus jeunes, lorsque la lecture poursuit son chemin dans leur tête - ou leur coeur -, les accompagne dans leur évolution, leur compréhesion, quand elle est significative - cette part là, inconsciente, intime, est fondamentale - quand le lecteur est sollicité et peut s'approprier cette lecture ).
Parmi ces livres, des albums devenus classiques - Va-t-en grand monstre vert, une soupe au caillou, l'Arbre sans fin, Chien Bleu, Au revoir Blaireau, les mots doux...- d'autres peut-être moins connus ou à redécouvrir, un patrimoine littéraire, selon la formidable espression de Jöelle Turin, mêlant les genres, les auteurs, les éditeurs, les traductions à la production française, des livres des années 80 aux parutions de 2007.
Ainsi elle met en évidence le travail des auteurs, leurs jeux impertinents parfois, pourtant toujours respectueux et adaptés aux enfants :
" Les auteurs et illustrateurs qui s'adressent aux petits révèlent un vrai don de communication [...]. Ils retrouvent avec une sensibilité d'artiste l'esprit de l'enfance. "
08 avril 2008
Je suis un auteur jeunesse - Christian Grenier
Né en 1945, enseignant, journaliste, Christian Grenier est l'auteur de 80 romans jeunesse, d'essais, de pièces de théâtre, de scénarios et de nombreuses nouvelles, pour lesquels il a obtenu des dizaine de prix. Il a touché à tous les genres : le roman policier, intimiste, historique, la science-fiction, la mythologie, le conte, l'album...
Il est membre fondateur de la Charte des Auteurs.
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Ce livre n'est ni une biographie, ni un essai, et certainement pas un outil didactique ou pédagogique. Cet ouvrage est un témoignage enthousiasme, conviant le lecteur à une découverte du monde de la littérature pour la jeunesse. Judicieusement titré, Christian Grenier, fier de sa spécificité, rappelle inlassablement, et prouve, qu’il ne s’agit pas de sous-littérature, le public jeune méritant respect, qualité, et diversité.
A la lumière de ses nombreuses années d’expériences, l’auteur explore les méandres de l’inspiration, les affres de la correction, les coulisses de l’édition, celles de la bande dessinée et du dessin animé, car il a été lecteur, correcteur-rewriter, directeur de collection pour Gallimard Jeunesse, journaliste pour Pif et co-scénariste des Mondes Engloutis pour Antenne 2.
Posant les questions essentielles sur la créativité littéraire, le pourquoi et le comment sont parsemés de références et de situations vécues, instructives ou édifiantes, qui permettront à chacun, amateur ou averti, de poursuivre la réflexion que propose un grand professionnel. Ce questionnement mûri, ce parcours riche et enrichissant, expriment la passion qui anime l’écrivain pour la fiction et l’écriture.
Il nous livre la génèse et les étapes de l'écriture de plusieurs de ses ouvrages, se penchant sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, les va-et-vient subtil qui accompagnent la création, puis la publication. Il pose des questons majeures sur la littérature jeunesse :
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- Pourquoi un texte touche-t-il de jeunes lecteurs ?
- Et si ces récits fonctionnaient grâce à une dynamique interne particulière ?
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On apprécie le dernier chapitre offert à soixante-trois auteurs jeunesse de renom qui racontent à leur tour " leur parcours et leur opinion sur les critères de cette littérature dont ils sont les créateurs "
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Prolixe, gourmand, curieux, Christian Grenier porte un regard différent, rafraîchissant sur le livre et ses enjeux, sachant faire « rêver et comprendre » les jeunes lecteurs, bien avant qu’ils ne se tournent vers les auteurs « vieillesse », ceux-ci oubliant trop souvent qui a révélé le plaisir de la lecture et de la littérature à leur lectorat.
Modestie, sincérité, intelligence et passion animent ce texte ouvert qui se lit comme un roman.
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Pour une bibliographie complète, une visite sur le site de Christian Grenier s'impose.
- Le billet sur La Musicienne de l'aube -
31 mars 2008
Les séries : Chroniques d'un malentendu littéraire - Anne Marie Pol
Il m' a paru important de vous présenter ce titre de l'excellente collection La Littérature Jeunesse, Pour Qui, Pour Quoi ?, éditée par les éditions du Sorbier, traitant d'un sujet à polémique.
Dans ce livre, Anne-Marie Pol - auteur de la série Danse - tente de définir ce genre littéraire non reconnu qu'est la série, de pointer ses caractéristiques et ses défauts supposés, d'y répondre, en compagnie de professionnels du livre - libraires, éditeurs - d'un pédopsychiatre et de lecteurs, bien-sûr.
Cette étude d'une centaine de pages n'a rien de didactique. La lecture est rapide, facile, dynamisée par les témoignages des nombreux intervenants. L'ouvrage ressemble plus à un fascicule qu'à un essai, d'autant que le ton se veut vif et familier, à la manière d'une discussion aux allures de plaidoyer. Il n'est pas aussi approfondi que l'on pourrait l'espérer, mais il propose de nombreuses pistes de réflexions, et nous submerge de références classiques que l'on aurait bien envie de (re)lire.
Anne-Marie Pol fait des mises au point intéressantes sur l'opposition traditionnelle entre qualité et quantité, la notion différenciant la série de la collection et des tri-tétralogies parfois à rallonge, celle de fidélisation du lecteur. Elle explique les raisons et la longévité du succès " incontestable bien que contesté " des séries, en soulignant avec pertinence les aspects positifs de ces lectures, leur rôle dans le parcours de lecteur d'un enfant, celui des personnages récurrents "miroir et projet, image et guide".
" - Un livre jeunesse doit plaire aux parents ou, du moins, mériter leur aval. Et c'est la le HIC de la série.
- Un livre jeunesse marche sur l'identification du lecteur. Et c'est là le HIT de la série."
Elle relie le caractère actuel très marketing des séries, tout comme le soucis de la qualité d'écriture, à l'idée de lecture facile et rassurante, et dénonce l'amalgame entre création littéraire et produits dérivés ou novellisations de fictions télévisées. Enfin, l'auteur épingle hardiment les préjugés des détracteurs, assumant la " trivialité " des mots commande et gains financiers, l'opposition entre élitisme culturel et lecture divertissante grand public.
En fin d'ouvrage, un lexique des séries nous rappelle ces milliers de pages dont nous nous sommes nourris.
Si Anne Marie Pol ne m'a pas totalement convaincue, elle m'a permis, en revanche, de réfléchir et de relativiser, d'avoir une approche concrète et constructive de cette littérature.
" La littérature ne se définit pas, elle se vit de manière différente pour chacun." Sarah Vidieu
Alors, même si la couverture fait peur, je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage ( ainsi que celle des autres titres de cette collection de documentation sur la littérature jeunesse - traitant de la SF, du roman policier, du roman historique, les livres pour tout-petits...toujours rédigés par des auteurs spécialisés - qui feront l'objet de prochains billets )




