10 décembre 2009
Heidi - Johanna Spyri & Maja Dusikova
Le jour où Heidi, la petite orpheline, est recueillie par son grand-père, elle découvre les joies d'une vie au grand air, proche de la nature. Mais ce bonheur est de courte durée. Sa tante vient bientôt la rechercher : elle lui a trouvé une place de demoiselle de compagnie chez une riche famille de Francfort, auprès de leur fille Clara, immobilisée dans un fauteuil roulant. Entre les deux fillettes naît une véritable amitié, mais la mélancolie gagne peu à peu Heidi, qui n'a désormais pour horizon qu'un océan de toits gris...
- Editions NordSud -
Enfin une nouvelle édition pour ce beau classique suisse de la littérature pour la jeunesse.
L'histoire émouvante, drôle aussi, écrite par Johanna Spyri ( 1827 - 1901 ), ses personnages pittoresques devenus mythiques n'ont pas perdu de leur charme. A l'origine, il s'agit de deux romans, l'un de 1880 ( racontant l'arrivée d'Heidi chez son grand-père puis son départ à Francfort avec sa tante pour tenir compagnie à sa cousine Clara ), l'autre de 1881 ( le séjour de Clara à la montagne ). Ils seront traduits dès 1882 en français sous les titres de Heidi et Heidi grandit.
Dans ce très bel album sont reprises les deux histoires, la seconde en épilogue. On y retrouve avec bonheur les aquarelles de Maja Dusikova ( illustratrice de La princesse au petit pois dans la collection Couleurs des Contes - présenté ICI - ) mises en valeur par le grand format ( 24,5 X 32 cm tout de même ). Sa palette délicate, la finesse de son pinceau rendent à merveille la fraîcheur des paysages alpestres, la tendresse des scènes intérieures, la complicité des enfants, la nostalgie d'Heidi, l'esprit traditionnel des romans originaux bien que le texte soit adapté dans cette version pour les jeunes lecteurs.
A noter : cet album bénéficie du programme Le Moulin à Paroles ( téléchargement sur le site de l'éditeur de la version audio du texte avec le code inscrit sous la vignette )
Pour un savoir plus sur Heidi ( notamment que ce prénom n'existait pas avant la création du personnage par Johanna Spyri... ) : un site consacré au mythe à travers le roman puis ses adaptations ICI -
20 octobre 2009
L'extraordinaire chapeau d'Emilie - Satoshi Kitamura
Emilie a aperçu un merveilleux chapeau dans la vitrine d'un magasin. Mais son porte-monnaie est vide... Le chapelier lui propose alors la solution idéale : il suffit d'un peu d'imagination... Et ça, Emilie n'en manque pas !
- Gallimard Jeunesse -
Une bien jolie histoire sur le jeu des apparences et le pouvoir de l'imagination. En la lisant, comment ne pas songer au dessin du mouton dans sa boite du Petit Prince ?
Le chapeau que propose le chapelier à Emilie est unique : il peut prendre la forme, la couleur, la taille qu'elle souhaite selon ses envies. Il lui suffit de l'imaginer...Le personnage d'Emilie est adorable, c'est une petite fille gaie et curieuse. Elle traverse la ville, son chapeau se transformant au fil de ses observations : en paon, en tour de gâteaux, en bouquet. Lorsqu'elle arrive dans un parc " Emilie s'aperçut qu'elle n'était pas la seule à avoir un drôle de chapeau..." Sur la double page qui suit, le couvre-chef devient symbole des sentiments, des pensées, métaphore de la personnalité : deux garçons se disputent exhibant chacun un dinosaure menaçant sur son crâne...au jeune lecteur de jouer le jeu des associations avec tous les autres personnages !
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A la façon d'un conte, entre fantaisie et réalisme, cet album rend hommage aux regards vivants des enfants, à leur capacité à interpréter, réinventer le réel, le parer de mille couleurs.
- A partir de 5 ans -
07 octobre 2009
Les mercredis de l'album - Anthony Browne
Je participe avec plaisir au projet de Fleur :
un rendez-vous un mercredi tous les deux mois
pour présenter un illustrateur jeunesse
à travers la sensibilité et les choix d'albums des blogueurs
réunis autour du blog crée pour ces lectures communes
Pour ce premier rendez-vous sont à l'honneur Anthony Browne et Tomy Ungerer.
2009 étant l'année Anthony Browne,
mon choix s'est porté sur l'un de ses albums :
Une nuit, j’ai été réveillé par un bruit épouvantable. Le lendemain matin, la maison était toute calme. Papa n’était pas là. J’ai demandé à Maman quand il rentrerait, mais elle n’avait pas l’air de savoir.
Mais que se passe-t-il dans la vie du nouveau héros d’Anthony Browne ? Et pourquoi doit-il traverser cette forêt profonde - habitée de personnages de contes célèbres – pour parvenir à retrouver son papa ?
- Editions Kaléidoscope ( et Lutin Poche de L'Ecole des Loisirs ) -
Anthony Browne, à la fois auteur et illustrateur, signe des albums dans lesquels il s'attache à raconter les émotions de l'enfant, ses angoisses, le secours de son imaginaire.
C'est particulièrement le cas dans celui-ci, raison de mon choix.
Le jeune héros de cette histoire traverse une forêt interdite pour se rendre chez sa grand-mère alors même qu'il est inquiet de la disparition de son père dans la nuit, disparition à propos de laquelle sa mère ne lui apporte aucune réponse. Ce trajet est un voyage initiatique. Sur la route qui serpente, l'enfant rencontre les personnages des contes classiques : sur la trame du Petit Chaperon Rouge, il croise Boucle d'Or, Hansel et Gretel...
Ces rencontres sont significatives, elles sont autant de points de focalisation de l'angoisse du garçon. Par les récits traditionnels et ses symboliques, l'enfant exprime ses inquiétudes, les extériorise à sa façon, tentant de les surmonter en leur donnant une forme, une image. Ce sera celles des dangers et des peurs que les contes mettent en scène pour répondre à une réalité angoissante : se perdre, être seul, abandonné dans un environnement inconnu perçu comme hostile et terrifiant, la perte d'un parent et l'incompréhension d'une situation qui le dépasse parce que cloisonnée au monde des adultes, le sentiment d'être rejeté, de plus être aimé, sont autant de thèmes récurrents de la psychologie enfantine et donc de la littérature pour la jeunesse.
Cette mise en abyme allégorique des souffrances et de la solitude de l'enfant renvoie directement à l'analyse de B.Bettelheim, son approche psychanalitique des contes, leur fonction cathartique, leur message.
L'illustration joue pleinement son rôle : l'album développe deux points de vue par la couleur. D'un côté le réalisme coloré, d'un autre la forêt et les personnages au crayon en dégradé de tons gris cauchemar, un monde différent, étrange, menaçant à l'image des branches des arbres sur la couverture qui semblent des épines. L'atmosphère est sombre, l'angoisse et le malaise sont palpables.
La profondeur des sentiments mis en scène, le caractère fortement émotionnel de cette histoire peuvent paraître comme une difficulté de lecture, d'autant qu'elle dépasse la peur traditionnelle du loup qui donne tant de frissons de plaisir aux plus jeunes. La peur ici n'est pas liée à la dévoration, elle est bien plus affective.
Elle sera évidemment compensée par un épilogue rassurant et chaleureux, libérant les tensions du récit : arrivé à la maison de sa grand-mère, l'enfant y découvre son père venu prendre soin de la mamie malade. Sur les six dernières pages la couleur est revenue. Elles présentent les portraits des trois adultes apaisants et consolants - les trois personnes les plus importantes pour l'enfant - aux sourires épanouis les bras grands ouverts pour accueillir le petit héros parvenu au terme de son voyage. Anthony Brown traduit parfaitement visuellement le réconfort de l'enfant à la vue des adultes espérés, et ce pas seulement par les expressions affectueuses et les visages confiants qu'ils affichent, mais aussi par l'usage du gros plan ( le parent essentiel et suffisant aux yeux de l'enfant ) et par la perspective qu'il choisit : celle de ce jeune garçon, un regard vers le haut. Comme souvent dans ses livres, l'auteur-illustrateur nous rappelle ainsi la fragilité des enfants, leur immense besoin d'amour, d'attention, d'explications
Au delà de cet aspect terriblement sérieux, l'album convie ses lecteurs à une promenade au pays du merveilleux. Les illustrations relèvent du jeu de piste à partager, révélant de multiples détails en référence aux contes qui peuplent cette forêt - une citrouille, un rouet au pied d'un arbre, les profils de trois ours qui se devinent sur un tronc, une massue d'ogre pendant d'une branche, un drôle d'arbre feuillu entortillé qui pousse droit vers le ciel, des oiseaux qui picorent des miettes de pain non loin d'une hache...- et invitent à la relecture.
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- A partir de 7 ans -
Sur cette même thématique des angoisses enfantine pour les plus jeunes lecteurs, l'album Billy se bile est très intéressant.
Billy se fait de la bile. Tout l’inquiète, surtout ce qui n’existe que dans son imagination. Et malgré les câlins rassurants de ses parents, il en perd le sommeil…Une nuit, Billy se confie à sa mamie qui lui apporte, dans le creux de sa main, un remède aussi étonnant qu’efficace !
- Editions Kaléidoscope ( et Lutin Poche de L'Ecole des Loisirs )
A partir du thème classique des difficultés d'endormissement, proche du jeune lectorat, Anthony Browne invente le doudou anti-soucis : la mamie de Billy lui propose de confectionner " des poupée tracas " , coutume pratiquée par les enfants guatémaltèques.
Chacune est nommée et costumée différement selon la peine ou la préoccupation dont elle a la charge le soir venu. Ces angoisses ne sont jamais précisément citées dans l'album, seulement symbolisée, conférant ainsi à l'histoire un évident caractère d'universalité et une réelle potentialité d'identification tout en préservant l'intimité du sujet. L'enfant confie ses peurs, les transfère sur les poupées chaque soir, les exprime et les reconnaît donc, s'en détache alors, jusqu'à ce qu'il parvienne à assumer lui-même ses " tracas " dans un épilogue qui ne manque pas de saveur et de tendresse, invitant l'enfant lecteur à grandir en douceur.
De quoi rassurer les petits, en leur proposant, pourquoi pas, l'usage momentané " d'une poupée tracas ", mais surtout cette lecture qui met des mots sur l'heure souvent difficile du coucher et montre que l'adulte peut la comprendre, dédramatisant ainsi la situation.
Cet album, c'est aussi " la touche Anthony Brown ". Pour qui souhaite le découvrir, il me paraît l'un des plus représentatifs quant à son travail sur les cadrages et les regards, sur ses couleurs et motifs de prédilection, sa façon de toujours mêler une part d'imaginaire à travers des objets quotidiens, de les détourner à la manière des surréalistes, sur une histoire toujours ancrée dans un contexte réaliste.
" La grande majorité de mes livres ne traitent pas, comme certains semblent le croire, de gorilles ou de chimpanzés, ils parlent d'émotions " Anthony Browne ( phrase extraite de son discours prononcé lors de la remise du prix Andersen en 2000 )
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06 octobre 2009
Anika, le jour où la famille s'est agrandie - Sabine Cotte
Basile et ses parents vont chercher Anika en Inde. Il aura fallu beaucoup de démarches officielles pour pouvoir l'adopter. Le jour de la rencontre approche : Basile va enfin avoir une petite sœur ! Voici le récit dessiné d'une histoire vraie, celle d'une rencontre pour la vie.
- Editions Rue du Monde -
Sur un thème trop peu traité en littérature pour la jeunesse, l'adoption, cet album est une réussite pour raconter le désir d'enfant, d'un autre enfant, le voyage aussi bien géographique que psychologique que nécessite cette démarche.
Le réalisme de l'album, réalisé sous la forme d'un carnet de voyage, donne une force émotionnelle et une justesse au récit qui n'ont rien d'étonnant : cet album est né d'une formidable et véridique aventure à la rencontre d'Anika, dix-neuf mois, petite enfant d'ailleurs adoptée à Delhi.
Sur les pages crayonnées, Sabine Cotte témoigne tout en simplicité et sincèrité de cette expérience intime. Concrètement aussi : les embarras administratifs, le précieux tampon du passeport, les inquiètudes, l'inconnu, l'Inde, ses couleurs, sa pauvreté, l'orphelinat. L'auteur-illustrateur raconte le vécu de cette adoption à travers les sentiments et découvertes de son fils Basile, à travers des dessins aux tons chaud esquissés sur le vif, des scènes de rue aux sourires d'Anika, sa main tendue pour la première fois vers son grand frère. Une belle histoire d'amour.
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Les éditions Rue du Monde sur ce blog : L'AbécéDire - Le livre noir des couleurs - Siam - Collection Petits Géants -
26 mai 2009
Blues Bayou - Benjamin Lacombe & Daniela Cytryn
De l'aventure, des frissons, des alligators, un vieil homme mystérieux et surtout beaucoup de musique! Voilà l'histoire d'Amy et James, deux enfants du Bayou qui n'ont pas le droit de s'aimer.
- Milan jeunesse -
Superbe album que celui-ci, pour lequel Benjamin Lacombe se fait conteur. C'est à Daniela Cytryn, remarquée pour son travail sur des albums des collections Au berceau de monde et Ethniques des éditions Sorbier, que revient l'illustration.
Dans l'Amérique des années 30, deux enfants de couleur différente, James et Amy, bravent les interdits sociaux en se fréquentant. Leur plaisir est de partir en barque malgré leur crainte de celui qu'ils surnomment " l'ogre de la maison aux pieds rouges ". Mais un jour, ils font naufrage. Recueillis par un vieil homme solitaire, ce n'est pas un ogre que découvrent James et Amy mais un musicien qui les initie au jazz et au blues.
C'est un album intéressant, abouti, que le duo d'illustrateurs nous offre là. Bien-sûr, il ne conviendra pas aux plus jeunes, il faut pouvoir appréhender le thème de la différence et ses implications ( seulement suggéré dans cette histoire ) ainsi que le contexte historique et géographique ( notamment le vocabulaire spécifique : jaguarondi, mangrove, palétuvier, swinguer, groove...). Le récit, classique, est bien mené, ménageant des moments de frissons entre alligators et ogre, et dégage à plaisir un parfum d'aventures, un brin de suspens.
Blues Bayou se prêtera à une lecture à voix haute avec le soutien de l'illustration, d'autant que le texte a des allures de conte. J'en retiens surtout l'originalité de l'histoire qui, à une thématique récurrente de la littérature jeunesse - le racisme - ajoute celle de la musique et donc une page d'Histoire puisqu'il s'agit de blues et de jazz, et ce sur un format album et non roman. Sans aucun doute, il faudra initier le jeune lecteur, comme l'ont été James et Amy, à cette musique. Je me demande pourquoi cet album n' a pas été conçu en livre-CD.
L'atmosphère est extrémement bien rendue par les dessins de Daniela Cytryn qui varie les points de vue et les perspectives : grande page paysage pour le bayou, portraits des enfants, volute de notes les entraînant...
- Le site de Daniela Cytryn pour découvrir son travail d'illustratrice -
- Val propose un livreCD en accompagnement musical -
- A partir de 7 ans -
- Un album coup de coeur pour Gaëlle et pour Estelle -
23 mai 2009
Les douze manteaux de maman - Marie Sellier & Nathalie Novi
Rêveuse, rouspéteuse, joueuse, mystérieuse, conteuse, merveilleuse..., une maman n'est pas toujours la même. Ses différentes humeurs lui font comme des manteaux qu'elle revêt tour à tour, pour traverser le tourbillon de la vie.
- Le Baron Perché -
Cet album est une merveille. Beauté du graphisme, du sujet, du texte.
A travers la symbolique et la description des différents manteaux qu'endosse une maman - à la façon de costumes pour chacun de ses rôles -, l'album présente ses différentes humeurs et états d'âme, ses joies, ses absences parfois, la complicité, la figure de l'éducatrice, la fatigue aussi. Il raconte la vie d'une mère perçue par les yeux d'un enfant, celle que l'on peut surnommer parfois Dame Tartine, celle qui revêt un vêtement arc-en-ciel qui la fait belle, celle qui fait danser mais qui parfois est vêtue de glace et de noir, celle qui fait rêver :
" Dans son manteau mille pages
se cachent les lutins et les trolls,
les sorcières et les dragons
de tous mes livres d'images.
Avec beaucoup d'émotions et de finesse, avec des mots simples et chantants, les textes se font poésie sur ce sujet pourtant réaliste. L'équilibre est parfait, repris par la somptuosité des illustrations, délicates et fortes à la fois, par la palette de Nathalie Novi qui évoque la chaleur de l'amour maternel. Le format tout en hauteur de ce grand album fait honneur aux superbes portraits de la mère drapée, chacun évocateur d'un aspect de sa personnalité.
J'avais été impressionnée par cet album à sa parution, par son graphisme, sa sensibilité, la justesse et l'esthétique de son approche. Je le suis toujours. L'enfant lecteur, comme la maman, se retrouvera dans cet album, dans les sentiments et les moments suggérés.
c'est son manteau bleu
bleu comme ses yeux très bleus,
son manteau tout pelucheux
plus doux que ma peluche
bien grand, bien enveloppant
pour me glisser dedans
tout contre ma Maman "
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- Le billet de Sylvie -
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Lam76 a reçu son colis du swap AfricaJeunes
10 mai 2009
Comment ratatiner les dinosaures ? Catherine Leblanc & Roland Garrigue
Qui n'a pas tremblé de la tête aux pieds, à l'idée de tomber nez à nez avec un Stégosaure hérissé de piquants, un Diplodocus immense ou un Velociraptor griffu ? Heureusement, ce livre truffé d'astuces dévoile tout, tout, tout sur l'art de se débarrasser des dinosaures, des plus petits aux plus féroces ! Ouf !
- P'tit Glénat - Collection Vitamine -
Troisième titre de la série après Comment ratatiner les monstres, et l'excellent Comment ratatiner les loups, cet album se distingue par le bonus offert à son jeune lecteur : une planche d'autocollants, une dizaine de dinosaures à éparpiller où bon lui semble sur les pages.
Fidèle à l'esprit des précédents titres, cet album est fantaisiste et impertinent. Un guide pour s'amuser sans peur et sans reproche, mêlant joyeusement les anachronismes aux représentations des animaux préhistoriques, ou comment utiliser à bon escient un sac de billes ou une page de calcul pour échapper aux " féroces et véloces " en se rappelant que " leurs cerveaux ne sont pas plus gros qu'un pruneau "
Un ton faussement sérieux, des illustrations pleine page dans un style bande-dessinée, cet album n'a pas d'autre prétention que celle d'amuser son lecteur; une lecture récréative.
Sympathique, ludique, mais bien moins intéressant que celui sur les loups qui savait jouer avec la peur, la dédramatiser avec dérision et humour.
Pour feuilleter l'album sur le site Glénat, c'est ICI
26 mars 2009
La princesse au petit pois - H.C.Andersen & Maja Dusikova
Réedition de cet album dans la collection Couleurs des Contes
- éditions NordSud -
Je vous présentais cette belle collection avec le Vilain Petit Canard.
Ce titre bénéficie, comme les autres, du Moulin à Paroles, la bibliothèque sonore, qui permet de profiter d'une lecture à voix haute en téléchargeant le texte lu par une comédienne sur le site des Editions NordSud grâce au code inscrit sous la vignette.
Cette adaptation du conte d'Andersen est adorable.
Les douces aquarelles de Maja Dusikova présentent des couleurs gaies et chaleureuses, mille détails et beaucoup d'humour.
Sur les pages aux dessins réalistes, l'illustratrice s'amuse avec les décors, les personnages : on assiste à un défilé de costumes des différentes époques, Andersen apparaît sa plume à la main, un enfant-lutin et un chat accompagnent la princesse et le lecteur, les portraits des princesses raconte tout de leur caractère...
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Une version du conte fraîche et malicieuse .
Je ne vais pas présenter tous les titres ( bien que je les veuille tous ), alors voici les contes déjà parus dans cette collection :
- Le loup et les sept chevreaux ( Grimm )
- Jacques et le haricot magique ( conte traditionnel anglais )
- Doucette ( Grimm )
- Le Prince Grenouille ( Grimm )
- Hansel et Gretel ( Grimm )
- Pierre et le loup ( S.Prokofiev )
06 mars 2009
Les îlots de Piédestal - Eric Puybaret
Voyage au pays des mages
Il existe, aux confins des mers, un archipel extraordinaire : le pays des mages. A bord de leur roulotte scientifique qui roule, vogue et vole, le professeur Azarias, Turpin et Paul le petit apprenti explorent inlassablement ces terres inconnues. Leur mission : rédiger enfin le grand catalogue des mages ! Lors de leur premier voyage, ils découvrent les îlots de Piédestal, où une guerre incessante fait rage.
- Gautier-Languereau -
Immanquablement, dès la couverture, on pense aux récits de Jules Vernes. Cette impression est confirmée par la lecture de ce bel album, avec sa mission d'exploration de terres lointaines et inconnues sur une drôle de machine.
L'expédition est relatée par le plus jeune passager, Paul, l'album prenant alors des allures de carnet de voyages, avec croquis accompagnant le texte et notes manuscrites autour des illustrations pleine pages.
L'univers graphique d'Eric Puybaret, ses mondes imaginaires, sont toujours aussi fascinants et enchanteurs. Je suis à chaque fois impressionnée par sa palette toute en nuance et luminosité, par la précision et l'élégance de son trait. Onirisme et fantaisie des paysages, des costumes, de ces personnages longilignes, jeux de perspective élaborés et aboutis, servent des récits que l'on peut qualifier de fables.
C'est toute la qualité des albums signés Eric Puybaret : beauté et féerie des images au service d'une histoire allégorique mettant en scène des sentiments bien humains, la solitude, l'égoïsme, la vanité comme dans celui-ci :
Dans les ilôts de Piédestal sont éparpillées des tours sur lesquelles trône un souverain en perpétuel conflit contre ses voisins ( ceci expliquant le titre ), n'hésitant pas à recourir à la violence, et refusant absolument de se rendre à la raison, à une solution pacifiste malgré les efforts de communication fournis par les explorateurs. Ce sera finalement un jeu de balle inventé par les enfants qui scellera la réconciliation par la découverte d'une rivalité pacifiste et sportive, les plaisirs de la pratique et les vertus de l'esprit d'équipe.
Cet album n'est que la première aventure des trois explorateurs à bord de leur roulotte scientifique qui roule, vogue et vole.
- Le billet de Lael avec qui je partage cette belle lecture -
- Un autre album de Eric Puybaret sur ce blog : Les Echasses Rouges - , illustrateur de la Déclaration Universelle des Droits de L'Homme -
02 mars 2009
Le vilain petit canard - H.C.Andersen & Pirkko Vainio
Un vilain petit canard est raillé et rejeté par tous pour sa laideur et sa différence. Mais en grandissant il deviendra le plus beau des oiseaux, un cygne majestueux au plumage immaculé et trouvera enfin sa place parmi les siens.
Un récit initiatique émouvant pour apprendre l'estime de soi et la tolérance.
- Editions NordSud - Collection La Couleur des Contes -
Une très belle reprise de ce célèbre conte d'Andersen que cet album qui réedite le texte dans son intégralité.
L'album tient du beau livre. Sous la couverture noire, sur l'agréable format à l'italienne, les aquarelles de Pirkko Vainio font des merveilles. Tout en réalisme et délicatesse, classissisme et douceur, elle décline le rythme des saisons. Les paysages champêtres, les portraits des animaux sont d'une grande finesse. La palette se fait tendre à plaisir.
L'universalité des thèmes - recherche identitaire, différence, solitude - se prête à l'émotion prégnante des illustrations.
Une très jolie version du conte, respectueuse de l'original, que je ne conseille pas avant 5 ans, du fait de la beauté du livre et de la richesse du texte, afin d'en profiter pleinement.
C'est le principe de cette nouvelle collection La Couleurs des Contes : redécouvrir les classiques en proposant les textes originaux offert à la sensibilité, à l'univers graphique d'un illustrateur différent à chaque album. De plus, les titres de cette collection renoue avec la tradition orale du conte grace à la bibliothèque sonore - le logo Moulin à Parole apposé en autocollant sur la couverture - développée par les Editions NordSud.
Je vous présentais le Moulin à Parole lors de la parution du dernier titre de la série Plume :
Sous cet autocollant, le lecteur découvre un code qui lui donne accès, sur le site des Editions NordSud, au téléchargement gratuit d'une lecture à voix haute ( fichier numérique format MP3 ), un enregistrement de la totalité du texte agrémenté d'intermèdes musicaux ( de ceux qui signalent le moment de tourner la page ).Un accompagnement sonore pour multiplier les relectures, pour partager le plaisir de se laisser raconter une histoire. L'album devient le livre-CD ou non, selon le moment, le lieu, le choix des parents.




















