30 avril 2009
Brown's Requiem - James Ellroy
Fritz Brown est un détective privé spécialisé dans la récupération de voitures dont les traites sont impayées. Jusqu'au jour où un caddy obèse l'engage pour surveiller sa jolie soeur qui vit en compagnie d'un homme qui pourrait être son père. C'est alors que Brown plonge dans l'univers noir et désespéré des bas-fonds californiens.
- Rivages Noir -
Il faut avoir envie de lire J.Ellroy, tant ses romans sont noirs, du vrai polar noir américain.
J'ai connu cette période il y a quelques années, je me suis plongée dans l'univers sombre, sans retour, obsédant aussi, de cet auteur. Jusqu'à saturation. J'ai dévoré American Tabloid, puis American Death Trip, qui revisitent les périodes présidentielles des frères Kennedy. Et puis je n'ai plus pu lire une ligne de plus. Ecoeurée par tant de noirceur malgré la qualité du style, sobre, puissant, la qualité du genre.
En voyant ce titre choisi par Cécile dans la liste des livres de la chaîne, j'étais curieuse de relire Ellroy, d'autant que je ne connaissais pas ce titre. Et nous avons renoué lentement. En douceur n'est pas l'expression qui convient à ce regard sur la vie, à cette plume. Un peu de mal à reprendre aux premières pages et puis je me suis laissée embarquer par un récit moins dur et moins difficile, que je ne l'appréhendais. Le seul reproche que je ferais à ce roman, c'est qu'il est déjà daté, c'est le premier roman de l'auteur. Mais l'écriture est toujours aussi forte et envoûtante pour vous entraîner; les descriptions aussi talentueuses. Il faut accepter le malaise, l'atmosphère oppressante.
Un extrait ( j'aurais abandonné un marque-page sur ces lignes si ce livre avait été le mien ) :
" Les vieux coins de mon passé, c'est Western Avenue entre Beverly et Wilshire et les pâtés d'immeubles environnants. Situé à trois kilomètres à l'ouest du centre ville de L.A., à moins de deux kilomètres au sud d'Hollywood, le quartier n'a rien d'exceptionnel. Les poussées prosaïques des vies ordinaires qui se vécurent là ne produirent rien durant mes années de formation qu'un nombre immodéré d'enfants de sexe masculin, dont une grande partie allait assumer les rôles emblématiques des années soixante, torturées s'il en fût : vétéran du Vietnam, drogué, étudiant engagé politiquement, cadavre réduit en cendres. Le voisinage avait légèrement changé, pour ce qui était de la topographie : le petit supermarché de Ralph est aujourd'hui une église coréenne, les anciens parcs de stationnement et les stations-service de jadis ont laissé place à la laideur des centres commerciaux bon marché. Le noyau d'humanité du quartier, les gens qui avaient entre trente et quarante ans lorsque j'étais enfant, c'est aujourd'hui des personnes âgées, pleines de ressentiments et de peurs nés de vingt ans d'histoire incompréhensible.
Et c'est là toute la différence. La bibliothèque sur Council et St Andrews a toujours le même bibliothécaire, et les bars de Western continuent à fournir un nombre incalculable de conducteurs en état d'ivresse. Mais aujourd'hui, les choses sont différentes : c'est un cimetière d'Américains moyens."
Cette lecture m'a rappelé qu'il y avait un autre titre que je désirais vivement découvrir de James Ellroy. Il s'intitule Ma part d'ombre. Il s'agit d'un récit autobiographique. La mère de l'auteur est morte assassinée alors qu'il était enfant, un crime jamais élucidé, jamais puni ( dont on retrouve de nombreux éléments dans son célèbre roman Le Dalhia Noir ). Dans ce livre, l'auteur ouvre à nouveau le dossier en compagnie d'un policier et mène l'enquête sur le meurtre, sur l'Amérique violente, sur son parcours d'homme torturé.
Une lecture intimiste que je me dois de réserver au bon moment
Brown's Requiem poursuit sa route, il part rejoindre Yohan
29 avril 2009
Dans le monde, il y a ... Benoit Marchon & Robin
Dans le monde, il y a ... des petites bêtes qui volent, qui courent, qui rampent, qui piquent, qui grattent. Des chats très doux et des chiens très fous. De grosses bêtes tristes derrière des barreaux et des amoureux qui s'enlacent et qui s'embrassent. Des paysages de neige qui font comme de grandes pages blanches, des nuits sans lune qui font comme des grandes pages noires. Et puis, dans le monde, il y a des millions d'autres misères et des millions d'autres merveilles...
Avec cet album, Benoît Marchon et Robin offrent aux enfants un regard tendre et poétique sur l'humanité.
- Gallimard Jeunesse - Hors Série Giboulées -
Original et beau, cet album est inclassable.
C'est un lieu de paroles, de partages, une promenade intelligente autour du monde, un regard sensible mais aussi réaliste sur la vie.
Des illustrations de Robin à chaque page, dont le trait me rappelle celui de Sempé, présentent un moment de vie, une anecdote jolie ou triste, amusante ou sérieuse, forte de sens. Une simple phrase l'accompagne. Le texte de Benoit Marchon joue lui aussi de l'implicite. Son choix des mots et des rythmes invite à la compréhension, à la reflexion, à la contemplation d'une certaine beauté à préserver, à reconnaître qu'elle soit humaine ou naturelle.
Les pages sont conçues en miroir, se répondent sur des thèmes variés : jeu de lumières, de couleurs ( chant des oiseaux et couleurs pastels Il y a des oiseaux rigolos qui, par milliers, colorient le ciel- concert dans le métro effet noir et blanc Il y a des musiques qui rendent gais des jours tristes ), mise en perspective des cultures, des géographies, des peuples, des réalités économiques, inégalités, injustices...
La guerre, les enfants au travail, la famine qui accable certaines populations, la maladie, mais aussi la forme des nuages, l'amour, l'art, l'exubérance et la puissance de la nature...
Diversité, éducation, espoir sont les maîtres mots de cet album présentant le meilleur et le pire de l'humanité aux enfants avec sincérité et justesse.
Pour " Toi qui découvres le monde...où il y a tant de merveilles à créer ! "
28 avril 2009
Du marque-page
Tagguée par Bladelor et Saxoul,
je réponds à leur curiosité en vous présentant quelques uns de mes marque-pages.
J'écris quelques uns car il traîne de nombreux marque-pages dans mon bureau, ma bibliothèque les collectionne, j'ai l'habitude de les abandonner dans les livres lus aux extraits qui m'ont particulièrement plu ou touchés.
En voici deux cartonnés que j'attrape dans la boite à crayon :
Et voilà mes deux préférés, ceux qui ne s'endorment jamais entre deux pages :
Il s'agit de marque-pages plastifiés de la maison d'édition bretonne Au Bord des Continents, spécialisés en beaux albums sur Féerie. Ils éditent notamment les Carnet de voyage Sur la piste des dragons oubliés d' Elian Black'Mor et les magnifiques livres de Pascal Moguérou et de Jean-Batiste Monge.
Ces marque-pages reprennent des illustrations des albums. J'en fais des folies ( pas seulement des marque-pages ), j'en offre beaucoup aussi.
A mon tour, j'aimerais découvrir ceux de Ys
*****
SWAP AFRICAJEUNES :
Avez-vous bien reçu le questionnaire de votre binômette ????
Lam76 - Katell / Noryane - Enna / Mimi95 - Hambre / Tiphanya - Isabelle / Anjelica - Isa ( Biblioboss ) / Rondine - Morgan / Bladelor - Emmyne / Virginie - Fanyoun.
27 avril 2009
Résultats QUIZZ MANGA
BRAVO et MERCI pour votre participation
- 15 vaillants participants -
- 3 gagnants -
Avant de vous révéler les noms sortis lors des deux tirages au sort,
je vous donne les bonnes réponses :
1/ Que signifie manga en japonais ?
b) bande-dessinée
2/ Comment appelle-ton l'auteur d'un manga ?
c) mangaka
3/ Lors de sa première diffusion auprès du public japonais, un manga est présenté sous une forme particulière. Laquelle ?
c) en prépublication dans des magazines spécialisés
4/ Lequel de ces auteurs n'a pas auteur de manga ?
b) Haruki Murakami
5 / Une seule de ces affirmations est juste. Laquelle ?
a) Tous les mangas sont japonais ( ils ne nomment manhwa si la bande-dessinée est coréenne, manhua si elle est chinoise...L'utilisation générale du terme pour désigner un style est impropre )
6/ Comment appelle -t-on la collection de manga destinée plus spécifiquement aux filles ?
7/ Existe-t-il des mangas qui ne soient pas des séries, mais en un seul et unique volume ?
a) oui
8/ la célébrissime série Dragon Ball de Akira Toriyama comprend 42 tomes. Depuis quand est-elle traduite et publiée en France ?
a ) 1993
9/ Lequel de ces éditeurs ne publie pas de manga ?
c) Pocket
10/ La petite chatte blanche Hello Kitty est-elle un personnage issu d'un manga ?
b) non
*** Bravo à Virginie - Majanissa - Fanyoun ***
Et c'est... Fanyoun qui remporte les 4 mangas du premier prix
Et c'est... Praline qui remporte le prix de la participation
- Me contacter pour l'envoi -
- merci à la blanche main innocente -
20 avril 2009
QUIZ MANGA
Ce blog et son auteur s'accordent une pause printanière,
durant laquelle je vous invite à tester votre connaissance
de l'univers du manga,
Ce quiz est ouvert à tous.
- Réponse dans les commentaires jusqu'au 26/04 inclu -
Il y aura deux tirages au sort pour récompenser les valeureux participants :
- Le premier parmi les bonnes réponses
- Le second sur l'ensemble des participants
Pour les prix, j'ai choisi cinq mangas de styles différents afin de poursuivre en lisant la découverte ( leurs couvertures illustrent ce billet )
Le gagnant du premier tirage au sort recevra quatre mangas :
- Kaïné ( Kaori Yuki - )
- Café Dream 1 ( H. Osamu & H.Rei )
- Dystopia ( Judith Park )
- L'enfant soldat 1 ( A.Furukaya & A.Ra )
Le gagnant du second tirage au sort recevra :
- Le pays des cerisiers ( Fumiyo Kouno )
- PUBLICATION DES BONNES REPONSES
ET ANNONCE DES RESULTATS LE 27/04 -
*** Bonne chance ***
*****
1/ Que signifie manga en japonais ?
a) livre b) bande-dessinée c) dessin animé
2/ Comment appelle-ton l'auteur d'un manga ?
a) mangakena b) mangakoni c) mangaka
3/ Lors de sa première diffusion auprès du public japonais, un manga est présenté sous une forme particulière. Laquelle ?
a) en roman-feuilleton b) en animé de 3 épisodes pilotes c) en prépublication dans des magazines spécialisés
4/ Lequel de ces auteurs n'a pas auteur de manga ?
a) Kaori Yuki b) Haruki Murakami c) Jirô Taniguchi
5 / Une seule de ces affirmations est juste. Laquelle ?
a) Tous les mangas sont japonais b) Tous les mangas sont en noir et blanc
c) Tous les mangas se lisent de droite à gauche
6/ Comment appelle -t-on la collection de manga destinée plus spécifiquement aux filles ?
7/ Existe-t-il des mangas qui ne soient pas des séries, mais en un seul et unique volume ?
a) oui b) non
8/ la célébrissime série Dragon Ball de Akira Toriyama comprend 42 tomes. Depuis quand est-elle traduite et publiée en France ?
a ) 1993 b) 1997 c) 2002
9/ Lequel de ces éditeurs ne publie pas de manga ?
a) Delcourt b) Milan c) Pocket
10/ La petite chatte blanche Hello Kitty est-elle un personnage issu d'un manga ?
a) oui b) non
*** MERCI DE VOTRE PARTICIPATION ***
- un autre merci à ceux et celles qui prendront aussi de temps de relayer l'info -
18 avril 2009
Têtes de pioche - Delphine Chedru
Qui est réellement Monsieur R.? Un simple robinet? Ou un éléphant délicat? Dans ce livre tu trouveras des moustaches, des faux nez, des chapeaux, et bien d'autres gommettes repositionnables pour déguiser, à volonté, 30 drôles d'objets ! Des portraits, à reproduire et à inventer pour créer ton album photos de personnages bizarres et rigolos !
- Albin Michel Jeunesse -
Qui n'a jamais affublé un objet qui traînait d'une paire d'yeux ahuris, d'une moustache triomphante et d'un chapeau tordu bidouillés ou crayonnés ???
Créativité et originalité de ce livre qui reprend une activité enfantine ( ? ) intemporelle : humaniser les objets du quotidien ( poignée de porte, digicode, tire-bouchon, interrupteur, étui à lunettes, volant de badmiton, passoire...) en leur inventant un visage.
Les gommettes fournies ( sur huit pages bien garnies ) permettent de leur attribuer expressions et émotions. Le résultat est étonnant.
Ludique, imaginative, pleinement créative, l'activité proposée est bien plus artistique et élaborée qu'il n'y paraît :
A chaque page de droite est présentée une photographie d'objet en noir et blanc. Il s'agit alors de composer avec les nombreuses possibilités qu'offrent les planches de gommettes, de créer une personnalité à travers les éléments du portrait et les accessoires, une saynète en agrémentant le fond de pièces de décor. Les choix sont multiples, les gommettes repositionnables.
Sur la page de gauche, la graphiste Delphine Chedru s'amuse à signer un court texte décrivant, à sa façon, l'objet mis en scène, invitant le créateur-colleur à suivre son exemple en se racontant une histoire en image.
L'enjeu étant, bien entendu, que les gommettes ne se promènent que sur ces pages...Préparez-vous à regarder votre vieille théière d'un autre oeil.
Delphine Chedru est également l'auteur du fameux Cherche la petite bête ! aux éditions Naïve :
un album-jeu d'observation aux illustrations colorées aussi fantaisiste que réjouissant.
- Vient également de paraître aux éditions Helium La petite bête qui monte sur le même principe -
17 avril 2009
Pourquoi j'écris pour les enfants - Isaac Bashevis Singer
Extrait du discours d'Isaac Bashevis Singer
lorsqu'il reçut le prix Nobel de littérature en 1978.
*****
" Il existe cinq cents raisons pour lesquelles j'ai commencé à écrire pour les enfants, mais ici, je n'en citerai que dix :
1- Les enfants lisent les livres, pas les critiques. Les critiques, ils s'en moquent.
2- Les enfants ne lisent pas pour se trouver une identité.
3- Ils ne lisent pas pour se libérer d'un sentiment de culpabilité, ni pour étancher une soif de révolte, ni pour se débarasser d'une quelconque aliénation.
4- Ils ne s'intéressent pas à la psychologie.
5- Ils détestent la sociologie.
6- Ils n'essayent pas de comprendre Kafka [...]
7- Ils croient encore en Dieu, la famille, les anges, les démons, les sorcières, les lutins, ils croient à la logique, la clarté, la ponctuation et autres trucs démodés.
8- Ils adorent les histoires intéressantes mais pas les commentaires, ni les notes en bas de page.
9- Quand un livre est ennuyeux, ils bâillent ouvertement, sans honte ni crainte d'une quelconque autorité.
10- Ils n'attendent pas de leur écrivain préféré qu'il rachète les péchés de l'humanité. Tout jeunes qu'il soient, ils savent que ce n'est pas en son pouvoir. Seuls les adultes nourrissent des illusions aussi enfantines. "
15 avril 2009
L'ours que personne n'écoutait - Heinz Janish & Silke Leffler
Ce bel album des éditions NordSud pour poursuivre sur la thématique de la surconsommation comme mode de vie, thématique soulevée hier avec Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle.
Il s'agit ici d'un conte randonnée, une fable contemporaine sur la facilité de résoudre soucis et problèmes par l'achat d'un objet, sur ce réflexe compulsif de rechercher et apporter réconfort avec un bien matériel plutôt qu'avec un temps d'écoute.
L'ours rencontre huit personnes avec qui il essaie de parler. Coupant court à toute communication, chacune lui propose quelque chose avant qu'il ne termine sa phrase : un chapeau, du miel, un pendentif porte-bonheur, une paire d'ailes, des médicaments...
" - J'ai un petit problème, dis l'ours. Je peux...
- Mais bien sûr ! Ne me dis rien, je sais exactement ce dont tu as besoin..."
Chacun de ces personnages est définie par sa fonction sociale, marchande devrais-je écrire, et ne s'intéresse qu'à ce qu'il produit. C'est pourquoi ils sont incapable d'imaginer que l'ours puisse avoir un besoin différent.
Et pourtant...Cet ours a simplement peur du noir, tout seul dans sa tanière. La solitude lui pèse, l'angoisse, il souhaite partager sa vie avec un ami, qu'il rencontrera finalement lorsqu'il quittera la ville. Cet ours là n'a besoin que d'affection.
Encore un coup de coeur pour moi que cet album des éditions Nord Sud à destination des enfants à partir de 4 ans.
Il mérite d'être partagé, accompagné sur la réflexion qu'il propose, bien que la lecture soit sans difficulté par la répétition du texte en ritournelle. Ce grand ours timide est très attendrissant, touchant, paré de tous ses accessoires inutiles . Mais l'album ne sombre absolument pas dans le mélo, heureusement.
L'illustratrice autrichienne Silke Leffler y apporte sa touche de fantaisie, de couleurs douces et printanières, sa créativité : sur ces dessins, elle ajoute des collages de tissus, de papiers et livre des scénettes soignées.
Un style, un sujet d'actualité dans cet album atypique et plein de charme à découvrir.
Un album sur lequel on s'attarde.
14 avril 2009
Céleste, ma planète - Timothée de Fombelle
Elle est apparue un matin dans l'ascenseur. On a monté cent quinze étages en silence. Puis elle est entrée dans l'école, comme moi. Pendant la récréation, elle est restée dans la classe. Moi, penché au parapet de la terrasse de verre, je me répétais : "Ne tombe pas, ne tombe pas, ne tombe pas. " J'avais peur de tomber amoureux. A l'heure du déjeuner, elle est partie et n'a jamais remis les pieds au collège. Il fallait que je la retrouve.
- Folio Junior -
Timothée de Fombelle, l'auteur du roman aux nombreux prix littéraires jeunesse Tobie Lolness, signe ici un court conte écologique, paru à l'origine en 2007 dans le magazine Je Bouquine ( Editions Bayard ).
Très jolie histoire au futurisme alarmant qui présente l'originalité de mêler les thèmes de l'amour et de l'écologie : le jeune narrateur vit dans un monde urbain surpollué contrôlé par une firme responsable de la terrible détérioration de la planète. Il rencontre une jeune fille malade dont tous les symptômes sont ceux dont souffrent le monde. Son corps porte les marques des atteintes de l'homme sur son environnement; sur sa peau se dessine la fonte des pôles, la dispartion imminente de la forêt amazonienne, son sang manque d'oxygène. Notre héros solitaire et rêveur va tenter de sauver Céleste de ceux qui souhaitent la faire disparaître pour empêcher la diffusion cette terrible information qui entraînerait un radical changement de comportement vers un mode de vie qui les désavantagerait d'un point de vue économique. Il l'emmène alors dans une terre sauvage et préservée loin des méfaits de l'humanité, le Terminus Nord
" Ici, l'hiver dure toute l'année. La cabane s'appuie contre deux arbres. La forêt est tout autour. Je ne me lasse pas de la blancheur de ce monde. J'aime la neige et le givre. J'aime le manteau blanc des forêts. Le bruit des flocons qui tombent sur le sol. J'aime le froid qui saisit ma main et l'engourdit.
Je ne crains pas le combat de la survie dans un monde difficile, glacé, mais qui au moins ne nous veut pas de mal."
L'anticipation, le combat écologique, sont mis en scène de façon émouvante tout en laissant la part belle à l'action dans ce récit. L'aventure, l'écriture très visuelle entraînent le lecteur, distillant la réflexion sur nos actes et notre responsabilité face à l'avenir de la planète.
Cette lecture mérite explications et discussion. Il faudra revenir sur les aspects soulignés : ceux citant tous ces lieux sacrifiés du monde, ceux donnant en exemple les multiples formes de pollution ( émission de gaz, usage immodéré du plastique, surconsommation, et donc traitement des déchets...), ceux dénonçant l'individualisme ambiant, engageant à une prise de conscience collective, celui du retour à la nature.
Une approche intéressante, une belle lecture à partager.
- A partir de 10 ans -
- Le billet de Clarabel, celui de Gaëlle -
13 avril 2009
L'autre moitié du soleil - C.Ngozi Adichie
Lagos, début des années soixante. L'avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d'Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d'Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d'Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s'étalant sur les drapeaux : c'est le symbole du pays et de l'avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d'un million de victimes. Evoquant tour à tour ces deux époques, l'auteur ne se contente pas d'apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l'Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L'autre moitié du soleil est leur chant d'amour, de mort, d'espoir.
- Editions Gallimard -
J'apprécie particulièrement ces romans dans lesquels le lecteur s’installe, prend le temps de rencontrer les personnages, les lieux, le contexte ; le temps d’apprécier les mots et les images. Alors quand ce roman revêt un caractère historique, profondément humain, je sais que la lecture sera significative, d'autant que je suis attachée à la littérature africaine.
L’auteur nous offre un texte dense, un style maîtrisé dans lesquels ses personnages évoluent en témoignage d’un épisode tragique de l’Histoire, celle trop souvent déchirée par les guerres ethniques du continent africain. La progression du récit, le choix d’alterner deux époques, le début et la fin des années soixante, est parfaitement gérée; j'ai envie d'écrire soignée tant la part accordée aux traditions, aux mentalités, à la culture, à son historique est finement mise en scène. Pertinente aussi à mon goût, donnant une réelle force émotionnelle au récit.
Evidemment, ce roman, construit sur le destin individuel de cinq personnages principaux, n’échappe pas à l’aspect saga, mais il est porté par un souffle narratif remarquable.
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Je sais que nombre d'entre vous ont lu et recommandé L'Hibiscus Pourpre de Chimamanda Ngozi Adichie. Autant vous dire que je suis convaincue par cette prochaine lecture.
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C'était le dernier livre du Prix Elle pour moi
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Et ce fut aussi cela ce Prix : l'envie de lire d'autres livres, d'aller plus loin dans la découverte d'un auteur.
Ce fut surtout une passionnante aventure livresque, de belles rencontres littéraires, une autre très attendue des jurés avec qui j'ai communiqué via ce blog, une sérieuse envie de renouveller l'expérience dans trois ans malgré ma mauvaise habitude d'être toujours limite avec les délais ( mais cela je ne le réserve pas au Prix Elle )
Parlons donc de ces livres, j'en ai présenté certains sur ces pages.
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La catégorie Roman est celle qui motive mon désir de réinscription en tant que juré à ce prix littéraire car je me rends compte que je n'aurais jamais lu la moitié des romans proposés spontanément, et l'autre moitié aurait certainement attendue l'année prochaine ( voire.....comment définir les priorités de sa PAL ? ). Et parce qu'elle est la catégorie des coups de coeur.
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Je crois que mes titres préférés seront sans surprise :
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- Les Déferlantes de Claudie Gallay ( mon favori pour le Prix )
- Mon traître de Sorj Chalandon
- C'était notre terre de Mathieu Belezi
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J'ai aussi beaucoup aimé Le premier principe, le second principe de Serge Bramly ( qui est l'exemple même du roman que je ne serais jamais allée chercher toute seule ), et L'autre moitié du soleil que je présente aujourd'hui.
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La catégorie Policier fut celle des extrêmes et des déceptions. J'avoue être amateur du genre, je deviens difficile, exigente, et comme pour n'importe quel texte, je suis extrêmement sensible à l'écriture ainsi qu'aux atmosphères.
Seulement deux des romans proposés ont emporté mon adhésion, certains m'ont franchement semblé faciles et convenus, le plus grand nombre étant agréables à lire, ce qui est certes déjà bien, le plaisir de lecture, mais j'espérais plus. Je ne considère pas que la lecture de roman policier ne soit qu'une lecture plaisir.
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C'est donc Zulu de Caryl Férey mon héros littéraire, un roman magistral qui cumule toutes les qualités espérées, celles de l'intrigue, de l'originalité et de la maîtrise du sujet, de l'écriture impresionnante de force et d'images; grand favori pour le Prix.
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Le deuxième titre pour lequel je me suis enthousiasmée est l'un de ceux qui divise les jurés, nous avons aimé ou pas :
La fille de Carnegie, premier roman de Stephane Michaka.
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La catégorie Document fut celle des surprises. Je suis lectrice d'essai, j'apprécie le genre. C'est pourquoi j'étais ravie que la sélection du Prix Elle en compte un à chaque fois. Cependant, mon intérêt a diminué au fil des mois lorsque j'ai constaté que les mêmes thèmes revenaient immanquablement. La majorité de ces livres présentait donc des témoignages sur la guerre et l'enfance difficile. Bien peu d'essais, de documents réellement sur des sujets de société ou culturel. Ce sont ceux-là que je retiens :
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- L'Affaire de Road Hill House de Kate Summerscale
- Séraphine de Françoise Cloarec
Le favori pour le Prix semble être l'enquête de Jean-Paul Mari Sans Blessures Apparentes.
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