16 septembre 2008

Rencontre avec Dorothée Piatek

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Parmi mes coups de coeur de la rentrée, je vous ai présenté l'album L'allumeur de rêve.

Je remercie son auteur, Dorothée Piatek, d'avoir si spontanément accepté de répondre à mes ( nombreuses ) questions. Une belle rencontre entre passion et réflexions sur le métier d'écrivain. Ses réponses donnent une bien jolie définition de l'auteur jeunesse.

Comment devient-on auteur pour la jeunesse ? Quel a été votre parcours ?

Il n’existe pas d’école pour devenir auteur. Ecrire est avant tout une passion, une irrésistible envie de retranscrire sur le papier ses émotions, ses ressentis. Je n’ai pas décidé un beau jour de devenir auteur jeunesse, mon écriture s’y prêtait et c’est aux enfants que je souhaitais m’adresser. L’univers de ces derniers me touche, me sensibilise. J’aime les écouter, tenter de les comprendre, les faire rêver mais aussi leur permettre d’apprendre autrement, notamment quand il s’agit d’un sujet historique. Les livres occupent une place importante dans ma vie depuis ma tendre enfance. Ils ont été les prémices de mon devenir d’auteur jeunesse. J’ai grandi entourée d’une grand-mère à l’imagination débordante. Elle n’est pas étrangère à mon amour des mots et de l’intrigue. J’ai peut-être eu inconsciemment l’envie de partager ce qu’elle m’a transmis…

Nous vous avons découvert avec Horizon Bleu en 2002. Comment est né cet album ?

Après dix années d’écriture « clandestine » (écrire était mon jardin secret), j’ai contacté l’illustrateur Yann Hamonic pour lui faire part de mon envie de travailler un jour avec lui.

Nous avons longuement discuté de notre parcours, de nos envies et il m’a glissé l’idée d’un album sur la Première Guerre Mondiale. D’abord sur la réserve - je ne me voyais pas aborder un livre sur la guerre - j’ai peu à peu eu l’idée de traiter ce sujet sous l’angle des ressentis humains. Je lui ai soumis 3 jours après notre première discussion le synopsis de « L’horizon Bleu » et il m’a répondu « On fonce ».

Après une année de travail d’écriture et d’illustration, nous avons présenté notre projet à des éditeurs et l’album a aussitôt été retenu pour publication.

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De nombreux prix récompensent déjà vos livres. Horizon bleu et L’Allumeur de rêves sont maintenant des spectacles pour enfants. Est-ce la consécration ? Que ressentez-vous ? Participez-vous à la mise en scène ?

La « consécration » est un mot qui ne fait pas parti de mon vocabulaire, il sonne avec prétention à mes oreilles. Je parlerais plutôt de reconnaissance, de sensibilité partagée. Les mises en scènes tirées de mes livres sont la preuve que mon écriture a résonné, qu’elle a touché, parlé aux lecteurs et en l’occurrence aux metteurs en scène. Je suis touchée que l’on se soit penché sur mon travail. Découvrir ses textes dans la bouche d’un comédien est source d’une grande émotion, je n’oublierais jamais la première représentation de L’horizon bleu.

Les metteurs en scène qui ont choisi d’adapter mes livres ont posé un regard en parfaite harmonie avec le mien. Je n’ai donc eu ni le besoin, ni l’envie d’intervenir dans leur travail. J’ai reposé sur eux toute ma confiance.

Votre travail ne se limite pas à une tranche d’âge particulière, vous alternez albums, contes et romans. Pourquoi ce choix de la diversité ? Pensez-vous écrire un jour pour les adultes ?

Ecrire, c’est ma liberté. Je rebondis donc d’une histoire à l’autre au grès de mes envies, de mes humeurs et surtout de mes rencontres. Je suis une grande curieuse, ce qui m’amène à traiter beaucoup de sujets différents. C’est ainsi que certains thèmes que j’aborde s’adaptent spontanément aux plus jeunes et d’autres aux adolescents. Ecrire pour les adultes, souvent on me pose cette question... J’écris pour eux, mais n’ai jamais rien fait lire aux éditeurs. Ce rayon fait encore parti de mon jardin secret…

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Comment sont conçus vos albums ? Le texte est-il rédigé lorsque vous soumettez votre projet à un illustrateur ou collaborez-vous au même rythme de création ? Est-ce les illustrateurs qui vous contactent, est-ce vous qui les sollicitez ou l’éditeur qui vous met en relation ?

Mes textes sont généralement achevés quand je les soumets aux illustrateurs. Une exception, les gros albums pour adolescents, car ces derniers demandent un travail important sur la longueur. Il s’agit dans ce cas, non pas d’album, mais de « roman/album ».

Je contacte moi-même les illustrateurs avec lesquels j’ai envie de travailler afin de leur soumettre l’idée du livre et le concept. Je leur soumets mon texte et ils acceptent ou non de travailler avec moi. Il est fréquent que je réalise la mise en page de la maquette avant de présenter un projet à un éditeur. Certains illustrateurs me laisse entendre qu’ils aimeraient que l’on travaille ensemble. Je suis ouverte, ils savent que je les contacterais si un texte leur correspond un jour.

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Quelles sont vos sources d’inspiration ?

L’inspiration née de mes rencontres, des regards que je pose, des scènes de la vie courante. Tout est sujet à écrire. Je suis en perpétuel état d’observation et d’analyse.

L’histoire est la thématique récurrente de vos ouvrages. La transmission de la mémoire vous semble-t-elle un devoir d’écrivain ?

Je ne parlerais pas de « devoir d’écrivain », mais d’une envie personnelle de raconter et d’expliquer des tranches notre l’histoire. J’ai le sentiment, peut-être utopique, qu’allier l’écriture à une certaine sensibilité peut aider à changer certains regards posés sur le monde et le genre humain.

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Avez-vous des livres, des auteurs, des illustrateurs fétiches en littérature pour la jeunesse ?

Je fonctionne essentiellement au coup de cœur. L’auteur dont je ne rate aucune publication est Guillaume Guéraud, je suis une fan inconditionnelle. J’aime la sensibilité de Pef, Roxanne Marie-Galliez, d’Olivier K, de François David, mais également de Thomas Scotto (dont on devrait étudier les poésies dans les écoles !). Ils sont nombreux, je ne peux tous les citer…

Les illustrateurs dont j’apprécie le travail sont : Alfred, Marie Desbons, Anne Herbauts, Armin Greder, Muriel Kerba, Merlin, Mary loup, Miss clara, Fabrices Backes, … la liste est longue !

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Que lisait Dorothée Piatek petite fille ?

Alors que je m’éloignais des livres, un professeur de français m’a suggéré de lire « Le rêve » d’Émile Zola. J’étais alors âgée de onze ans et ce livre m’a bouleversé.

J’ai donc lu tout Zola, Maupassant, puis ai décidé de prendre les livres au fur et à mesure qu’ils se présentaient sur les étagères de la bibliothèque municipale. J’avoue que je n’ai pas compris nombre d’entre eux, mais leur contact était un bonheur et ils me donnaient le sentiment d’être libre.

Vous effectuez régulièrement des interventions en écoles et bibliothèques en plus de vos participations à des salons littéraires. Quelles relations entretenez-vous avec vos jeunes lecteurs ? Quelles sont leurs réactions en vous lisant, en vous rencontrant ?

La relation entretenue avec les lecteurs est riche, j’aime parler longuement et sans tabou avec eux. Nous échangeons sur mes livres, mais aussi sur leur vie, leurs envies. Je tente d’instaurer un vrai dialogue. Certains m’écrivent ou reviennent me voir chaque année.

Leurs réactions sont généralement positives, certains m’offrent même des fleurs, des dessins et des poèmes !

Les interventions scolaires sont également l’occasion de discuter avec ceux qui n’aiment pas lire. Je tente de comprendre pourquoi ils ne sont pas sensibles aux livres, pourquoi lire les ennuie…

L’arrivée dans une classe est souvent pour eux un moment fort. Ils sont impressionnés et s’attendent régulièrement à voir arriver un vieux monsieur aux cheveux blancs, c’est donc l’occasion de démystifier le statut d’auteur et de leur prouver qu’un écrivain est une personne comme les autres.

Quand un enfant m’écrit après une intervention pour me dire « Maintenant, je lis des romans, merci de m’avoir aidé à trouver le style qui me plaît », je suis comblée et j’ai l’agréable sentiment d’avoir rempli ma mission.

Pourriez-vous nous dévoiler vos prochains projets ?

Je travaille depuis près de deux ans sur deux projets d’albums destinés aux adolescents. Deux livres contenant l’équivalent de 2 romans, mais entièrement illustré ! (dans la veine de l’horizon Bleu). Ils paraîtront fin 2009.

En octobre prochain sortiront en librairie :

« Le jardin de Tonio » illustrée par Elodie Coudray,

« Le vieux qui avait un grain dans la tête » illustré par Julien Tixier,

« L’arbre derrière le mur » illustré par Gwendal Blondelle

et « La mémoire envolée » illustré par Marie Desbons.

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Dorothée Piatek sera présente au salon de Montreuil fin novembre,

au salon du livre jeunesse de Rouen en décembre, ainsi qu'à celui de Douai en février 2009.

Pour une bibliographie complète : le site et le blog

Posté par Emmyne à 15:23 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires sur Rencontre avec Dorothée Piatek

--j'imprime tout ça, j'apprends plein de bonnes choses, merci Emmyne pour cette chouette interview!--

Posté par Gaëlle, 17 septembre 2008 à 06:42

j'adore cet auteur ! Merci pur l'interview !

Posté par saxaoul, 17 septembre 2008 à 11:39

J'aime beaucoup cet auteur connu aussi avec "L'horizon bleu" ! Merci pour cette belle interview

Posté par Nathalie, 17 septembre 2008 à 14:08

Une belle interview qui me donne envie d'ouvrir de nouveau ces beaux albums!! Merci!! J'aime beaucoup ce que dit Dorothée Piatek sur ce qui l'a menée à écrire!

Posté par chiffonnette, 17 septembre 2008 à 19:41

Je vais aller de ce pas découvrir ces albums. C'est une interview vraiment intéressante. Et j'adore la couverture de "l'horizon bleu" !Bravo Emmyne !

Posté par Thaïs, 18 septembre 2008 à 13:24

j'avoue que je ne connaissais pas mais quelle chance tu as. Et bien sur tu as attisé ma curiosité )
Merci de nous faire partager cette rencontre

Posté par mammig, 18 septembre 2008 à 20:38

Très belle interview ! J'ai mis un lien sur ma critique du "Vieux qui avait un grain dans la tête" du coup !

Posté par Midola, 19 janvier 2009 à 11:47
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